Ci-dessous, l'intervention faite au nom de SAGV:

Dans le contexte politique actuel, les collectivités locales paient cher « la maîtrise de la dépense publique » voulue par les gouvernements successifs.

L’enveloppe allouée aux collectivités territoriales a constamment baissé depuis 2013 (en moyenne -10,7%). Un régime drastique est imposé, par le gouvernement Macron, aux régions, départements et communes, à hauteur de 13 Mds € d’ici 2022, soit près de 3 Mds € de plus que prévus lors de sa campagne présidentielle.

La modification de la taxe professionnelle avait déjà grévé le budget des communes. Elles devront aussi faire face (dès 2018) à la suppression progressive d’ici 2020 de la taxe d’habitation.

Une situation déplorable qui remet en question, de manière générale, les politiques des villes en menaçant :

- la baisse, voir la suppression des subventions aux associations. Même s’il est précisé que Sotteville « maintiendra son soutien au secteur associatif », SAGV s’interroge sur la pérennité et à la constance des montants qui seront alloués d’année en année jusques à 2020 (fin de ce mandat)

- l’emploi, comme à Sotteville où les contraintes exigées sur la masse salariale impliqueront qu’ « aucune création de postes ne pourra avoir lieu » jusqu’à l’horizon 2020.

Puisque ce débat d’orientation budgétaire, nous donne l’occasion de parler de politique générale, SAGV pose simplement cette question, chers collègues :

Quelle société souhaitons-nous réellement ?

Une société à 2 vitesses ?

Une société où 1% des riches sont de plus en plus riches ? En leur faisant des cadeaux comme la suppression de lSF au profit de l’IFI (Impôt sur la Fortune immobilière), exemptant de taxes les valeurs mobilières et les placements (actions, assurance-vie…) des plus fortunés.

Une société où les catégories intermédiaires se précarisent de plus en plus ? Celles qui supportent déjà toutes les hausses de tarifs des produits courants : le gaz, le forfait hospitalier, le carburant, les timbres, les PV pour stationnement, etc.

Une société où les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres ? A qui on supprime les aides comme l’APL, ou à qui on augmente la CSG pour la majorité des retraités ?

Une société où les « affaires » de détournements de fonds publics par des politiciens « escrocs » sont désormais de plus en plus révélées ?

Une société où on sacrifie l’Education Nationale en supprimant des postes d’enseignants depuis plusieurs années et en diminuant considérablement les contrats aidés ?

Une société où on casse le code du travail et les services publics (cf. le rapport Spinetta sur l’avenir des transports ferroviaires, SNCF) pour plus de privatisation.

Une société qui dépense des milliards dans de grands projets inutiles sur le plan écologique et économique, comme le remplacement de compteurs électriques qui coûtera entre 35 à 37 Mds d’euros d’ici 2021 ? Ou celui du contournement est de l’agglomération de Rouen ? Sommes qui auraient pu être injectées par ex dans la DGF des collectivités territoriales.

Cette « maîtrise des dépenses » soit disant nécessaire pour résorber la dette nationale, n’est qu’un prétexte pour faire supporter par une majorité de la population des mesures injustes et inefficaces. D’autres états européens ont fait les frais de ces politiques d’austérité depuis quelques années : la Grèce, l’Espagne, etc. sans revenir pour autant à l’équilibre.

SAGV ne veut pas de ce modèle-là.

A l’échelon local, SAGV souhaite entrevoir une réelle volonté politique municipale qui favorisera :

- le retour des services publics de proximité (Bureau de la SS, bureau de vente SNCF, etc.), - des petits ou moyens commerces subventionnés à part égale, - des logements à taille humaine, - des écoles en nombre suffisant pour accueillir dignement la totalité des enfants, - des bâtiments publics écologiquement remis en état, - des pistes cyclables dignes de ce nom, etc.

Enfin, si l’état de la dette à Sotteville s'est globalement améliorée depuis le changement de mandature (805€/habitant en 2015), le recours à l’emprunt, à taux d’intérêt certes faibles actuellement, pour les travaux de la place de l’hôtel de ville et « le lancement d’opérations structurantes supplémentaires » inscrit dans le projet d’orientation budgétaire, nous interpelle.

Pour toutes ces raisons, SAGV restera vigilante sur le budget de la ville 2018 qui nous sera présenté le mois prochain.